Derrick Henry est l’un des running backs les plus dominants de l’histoire de la NFL. Avec 11 665 yards et 109 touchdowns en carrière (saison régulière), il a bâti sa réputation sur sa puissance et sa capacité à user les défenses adverses. Pourtant, après seulement trois matchs avec les Ravens en 2025, une statistique fait tâche : trois fumbles en trois semaines, dont deux perdus dans des moments décisifs.
Comment expliquer cette anomalie pour un joueur qui n’avait perdu que deux ballons au quatrième quart-temps en… neuf saisons ?
Week 1 vs Buffalo Bills : Ed Oliver place un coup de poing parfait dans le ballon au moment du plaquage. Résultat : fumble perdu en plein quatrième quart-temps, sur un match serré.
Week 2 vs Cleveland Browns : Cameron Mitchell profite d’un plaquage à deux pour frapper dans la balle par derrière, Henry perd le contrôle en tombant. Fumble recouvert par Cleveland.
Week 3 vs Detroit Lions : alors que Baltimore est mené 28-24 au dernier quart, Aidan Hutchinson contourne la ligne et frappe directement le ballon dans les mains d’Henry. Le fumble coûte cher : Detroit ajoute un field goal décisif.
Trois actions différentes, mais un point commun : une vulnérabilité inhabituelle de Henry dans les moments de pression maximale.
Stat clé
39 % de ses courses face à des boîtes à 8+ défenseurs : seul Derrick Henry subit une telle densité parmi les titulaires NFL en 2025. (À titre de comparaison : James Cook est à 30 %, Saquon Barkley à 29 %.)
En trois matchs, Henry affiche :
41 courses – 242 yards – 5.9 yards par course – 3 TDs
3 fumbles (2 perdus)
Un Run Block Win Rate collectif de 71 % pour les Ravens (18e NFL).
Autrement dit, Henry reste efficace, mais il évolue dans un environnement hostile : souvent frappé tôt, souvent face à des défenses préparées pour lui.
La ligne offensive des Ravens sous pression
Les Ravens n’imposent plus leur loi dans les tranchées, et Henry subit davantage de contacts précoces.
Des défenses préparées spécifiquement pour lui
Cleveland (1er en run stop win rate) et Buffalo ont ciblé Henry avec une densité de plaquages inhabituelle.
Une mécanique mise à l’épreuve
Sa puissance le pousse parfois à courir haut et exposé. À 31 ans, la moindre hésitation face à une défense agressive se paye.
Le recrutement de Derrick Henry devait permettre à Baltimore de bâtir une attaque impossible à stopper au sol : un quarterback double menace et l’un des coureurs les plus physiques de l’histoire. L'an dernier, le duo avait tout terrassé sur son passage, mais aujourd’hui, Henry doit d’abord prouver qu’il peut sécuriser le ballon dans les moments cruciaux, sous peine de fragiliser cette association qui fait peur à toute la NFL.
Historiquement, Henry est sûr avec le ballon :
20 fumbles perdus en 139 matchs (2016-2025)
Seulement 2 fois plus de 3 fumbles sur une saison complète
Ce début de saison 2025 est donc une anomalie statistique. Ses 169 yards et 2 TDs en Week 1 rappellent qu’il reste capable de dominer. Mais les défenses, elles, continuent d’empiler les hommes dans la boîte et de viser ses points faibles.
Les Ravens (1-2) affrontent les Chiefs, dont la défense contre la course est moyenne, mais qui s’appuie sur Chris Jones et George Karlaftis, tous deux redoutables au run stop win rate. Henry sera encore ciblé.
John Harbaugh a résumé :
"Nous devons protéger le ballon, tous nos joueurs le savent. Henry aussi. Mais je ne pense pas que cela restera un problème."
Henry, lui, assume :
"Trois fumbles d’affilée, c’est fou. J’essaie de régler ça chaque jour. Je suis mon pire critique."