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Super Bowl LX : comment Bad Bunny a été choisi pour le halftime show ?

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Le choix d’une tête d’affiche pour le halftime show ne se décide pas “à la dernière minute”. Pour le Super Bowl LX, la NFL a annoncé dès la fin septembre que Bad Bunny serait l’artiste principal du show à la mi-temps, le 8 février 2026, au Levi’s Stadium de Santa Clara (Californie). 

Dans un entretien accordé à The Athletic, Jon Barker (senior vice president et global head of major events) détaille une méthode désormais bien rodée : la recherche démarre juste après le Super Bowl précédent et l’artiste est généralement verrouillé à la fin de l’été ou au début de l’automne

Un process à trois têtes : NFL, Roc Nation et Apple Music

Depuis 2020, la ligue s’appuie sur Roc Nation, l’entreprise fondée par Jay-Z, pour piloter la stratégie “live music” et, surtout, la sélection et la production du halftime show. 

Concrètement, Roc Nation échange avec plusieurs artistes, puis soumet le choix final à un cercle restreint côté NFL avant validation et lancement de la production. C’est la philosophie décrite publiquement dès la naissance du partenariat NFL–Roc Nation en 2019, pensé à la fois comme un levier entertainment et comme un axe d’initiatives sociales. 

Troisième acteur incontournable : Apple Music, sponsor titre du show depuis 2023, après le retrait de Pepsi. 

Pourquoi Bad Bunny, pourquoi maintenant ?

Dans l’entretien, Jon Barker résume le cœur du raisonnement : trouver “le bon artiste pour ce moment”, avec une ambition assumée de créer un “moment de divertissement global” capable de rassembler au-delà du public NFL historique. 

Le profil de Bad Bunny coche plusieurs cases stratégiques :

  • Impact culturel immédiat : Roc Nation privilégie ce qui est culturellement pertinent au moment T, et ce qui peut résonner avec l’événement et son contexte. 

  • Portée internationale : la NFL met en avant la capacité de l’artiste à connecter des publics “à travers les générations, les cultures et les continents”. 

  • Traction mesurable : Spotify a confirmé que Bad Bunny a terminé 2025 comme artiste le plus streamé au monde (19,8 milliards d’écoutes), pour la quatrième fois. 

Autrement dit : pour une ligue qui vend le Super Bowl comme un événement mondial, Bad Bunny est un choix “audience-first”.

Le rôle clé de l’ouverture : Green Day au programme

La NFL a aussi annoncé que Green Day ouvrirait le Super Bowl LX avec une cérémonie dédiée au 60e anniversaire, en présence de générations de MVP du Super Bowl. L’idée est claire : faire du “pré-game + halftime” un bloc spectacle cohérent, pensé comme un grand rendez-vous TV. 

Une sélection qui a déclenché une controverse politique

Le choix de Bad Bunny a également généré du bruit politique aux États-Unis, notamment en raison des prises de position de l’artiste sur l’immigration et des débats autour d’ICE. 

Donald Trump a publiquement critiqué le choix de Bad Bunny et de Green Day, affirmant qu’il n’assisterait pas au match et qualifiant la programmation de “terrible choix”.  De son côté, Jon Barker affirme qu’il n’y a pas eu de “discussion significative” en amont sur l’impact politique : la priorité déclarée reste l’unification des fans autour d’un show à portée mondiale. 

Les artistes sont-ils payés pour le halftime show ?

Non : la tradition demeure, les headliners ne touchent pas de cachet “artistique” classique (hors minimums et cadres syndicaux), le principal retour étant l’exposition planétaire. C’est aussi un argument central de la NFL : la mi-temps est vue comme l’une des plus grandes vitrines de l’entertainment live. 

Le contexte : une mi-temps devenue un événement d’audience à part entière

Le halftime show est aujourd’hui une “compétition” d’attention à l’échelle mondiale. La ligue et ses partenaires le mesurent avec des KPI modernes (audience, social, replay/streaming). Et la dynamique récente est forte : Billboard a notamment confirmé que le show de Kendrick Lamar au Super Bowl LIX a établi un record à 133,5 millions de téléspectateurs. 

La pression sur Bad Bunny est donc double : réussir un show spectaculaire, mais aussi porter un moment culturel mondial, dans un halftime show désormais jugé autant pour son impact pop culture que pour la performance musicale elle-même.