The Athletic vient de publier un long article fouillé sur un sujet explosif : les stars NFL doivent-elles prendre la place des joueurs historiques du flag football au sein de Team USA pour les Jeux Olympiques 2028 ? Et ce qu’il en ressort est bien plus complexe qu’une simple “Dream Team” de superstars.
Depuis 2018, Team USA domine toutes les compétitions internationales de flag football : cinq titres mondiaux, trois titres continentaux, 31 victoires consécutives. Le quarterback Darrell “Housh” Doucette, la star Pablo Smith et leurs coéquipiers n’ont jamais perdu un match majeur depuis sept ans. Tout ça d'après The Athletic. Mais la vérité est que Team Canada les a battu à l'International Bowl à Los Angeles en Juin et que le Mexique les a battus en finale des World Games à Chengdu (Chine) en août.
Eux ne sont pas des professionnels :
Doucette a été bagagiste à l’aéroport.
Pablo Smith vendait des matériaux de construction.
Ja’Deion High, receveur, conduit aujourd’hui un 18-tonnes chaque matin à 5h.
Ces joueurs ne sont pas des amateurs du dimanche : ce sont les meilleurs du monde dans leur discipline, avec un niveau technique et une compréhension du jeu que même certains anciens NFL n’arrivent pas à suivre.
Pablo Smith résume le sentiment général :
“Pourquoi des joueurs NFL prendraient nos places alors qu’ils ne connaissent pas ce jeu ? Qu’ils passent les mêmes étapes que nous.”
Depuis que la NFL a autorisé ses joueurs à participer aux JO, l’idée d’une équipe 5-contre-5 composée de Patrick Mahomes, Tyreek Hill ou Micah Parsons fait fantasmer les fans.
Mais The Athletic rappelle une réalité souvent négligée : le flag football n’est pas du tackle.
Les règles sont radicalement différentes :
zéro contact,
un blitzer non bloqué,
impossibilité de sauter,
impossible de casser un plaquage,
intelligence, précision et spacing ultra exigeants.
Même les meilleurs sont perdus à leurs débuts. Le corner Mike Daniels explique :
“J’ai galéré avec les règles, les angles, la vitesse… Même aujourd’hui, j’apprends encore.”
En 2018, Doucette et son équipe avaient humilié un groupe de pros dont Seneca Wallace, Justin Forsett, Jacoby Jones, Michael Vick et Chad Johnson. Preuve que la transition n’a rien d’automatique.
Participer aux JO ne consiste pas seulement à poser avec une médaille :
un camp de deux semaines avant les JO,
un été amputé de vacances,
mise en concurrence avec le training camp NFL,
obligations WADA (World Anti Doping Agency),
risques contractuels et bonus perdus,
plusieurs stages préalables obligatoires.
USA Football le dit clairement : “Les joueurs NFL devront montrer un engagement total. Ce ne sera pas un passe-droit.”
Le risque majeur pointé par The Athletic : prendre uniquement des stars NFL pourrait affaiblir Team USA, faute de cohésion et de maîtrise des spécificités du flag. Le scénario cauchemar évoqué : répéter l’échec du Team USA Basketball de 2004, truffé de stars mais incapable de jouer ensemble.
USA Football veut éviter ce fiasco :
“Le but est de construire la meilleure équipe pour gagner l’or, pas la plus glamour.”
Le débat n’est plus “les joueurs NFL le veulent-ils ?”, mais plutôt :
sont-ils prêts à faire les sacrifices ?
sont-ils capables de jouer au niveau des meilleurs flaggers ?
les joueurs de flag doivent-ils être prioritaires ?
Le message des joueurs de flag est clair :
“Nous avons construit ce sport. Ne nous remplacez pas parce que d’autres viennent d’y prêter attention.”
Pour USA Football, pour la NFL et pour les JO, le casse-tête ne fait que commencer.