Les Green Bay Packers abordent les playoffs 2026 dans une situation à contre-courant de leur ADN historique. Qualifiés avec un bilan de 9-7-1, septième seed de la NFC, ils sont une nouvelle fois présents en janvier, comme presque chaque année depuis deux décennies. Mais rarement Green Bay aura abordé la postseason avec aussi peu de momentum. Et c’est probablement l’élément central pour évaluer leur potentiel réel en playoffs.
La qualification est là, mais elle s’est accompagnée d’une chute brutale en fin de saison :
4 défaites consécutives pour conclure la saison régulière
Une défense exposée face au jeu au sol
Des avances perdues en seconde mi-temps à Denver et Chicago
Historiquement, ce profil est extrêmement défavorable. Green Bay devient seulement la quatrième équipe de l’histoire à atteindre les playoffs après quatre défaites d’affilée pour terminer la saison régulière. Et dans ce groupe, une seule a remporté un match de playoffs.
Avant son arrêt forcé, Jordan Love restait l’un des motifs d’espoir principaux :
3 381 yards à la passe
23 touchdowns, 6 interceptions
Rating : 101,2
225,4 yards par match
Statistiquement, sa saison est solide, parfois très efficace, notamment sur les séquences de play-action et les passes intermédiaires. Mais son absence en fin de saison, liée au protocole commotion, pose une vraie question de rythme et de timing. En playoffs, le problème n’est pas son talent, mais sa capacité à retrouver immédiatement ses automatismes après plusieurs semaines sans jouer.
Green Bay a pu s’appuyer sur un jeu au sol relativement constant :
2 037 yards collectifs
4,1 yards par course
18 touchdowns au sol
Josh Jacobs a apporté une présence fiable, mais sans transformer l’attaque en force de contrôle. Le jeu au sol stabilise les matchs, mais n’impose pas systématiquement le tempo face aux défenses physiques — un point clé en janvier.
Privés de Christian Watson sur la durée, les Packers ont dû fonctionner par comité :
Romeo Doubs : 724 yards, 6 TD
Christian Watson (avant blessure) : 611 yards, 6 TD
Tucker Kraft : 489 yards, 6 TD
L’attaque peut avancer, mais elle manque d’un profil capable de forcer les défenses à s’adapter. En playoffs, cette absence de menace dominante complique la création de déséquilibres rapides.
Défensivement, les chiffres traduisent une unité moyenne :
23,0 points encaissés par match
36 sacks
7 interceptions
Mais surtout : des difficultés récurrentes contre la course
L’absence de Micah Parsons a profondément affecté la capacité de la ligne défensive à dicter le tempo. Baltimore (216 yards de Derrick Henry en week 17), Chicago et Minnesota ont tous exploité cette faiblesse structurelle. En playoffs, ce type de faille est rarement pardonné.
Si Green Bay reste dangereux, c’est pour une raison simple : l’expérience collective. Depuis le réalignement de 2002, aucune équipe n’a disputé plus de playoffs que les Packers (18 qualifications). Cette culture, ce savoir-faire dans les matchs à élimination directe, reste un atout intangible mais réel.
Le staff sait gérer ces contextes, et le vestiaire comprend l’exigence du “one shot”.
Pourquoi y croire ?
Expérience massive des matchs couperets
Quarterback capable de coups de chaud
Jeu offensif suffisamment équilibré pour s’adapter
Pression externe minimale
Pourquoi douter ?
Dynamique catastrophique en fin de saison
Défense vulnérable face aux attaques physiques
Manque de playmaker offensif dominant
Peu de marge d’erreur dès le premier tour
Les Packers n’arrivent pas en playoffs portés par l’élan.
Ils y arrivent par habitude, par culture et par survie.
Green Bay reste une équipe capable de renverser un match si Jordan Love retrouve immédiatement son niveau et si la défense resserre les lignes. Mais leur plafond est limité, et leur marge d’erreur quasi inexistante.
Cette saison, les Packers ne gagnent plus par domination. Ils devront gagner par discipline, opportunisme et exécution parfaite.