Il n'aura donc fallu que quatre matches pour comprendre. Déjà essentiel sous Carlo Ancelotti, Aurélien Tchouaméni est bien parti pour devenir un pilier encore plus central dans le plan de jeu mis en place par Xabi Alonso au Real Madrid C. F. Après avoir pris solidement ses marques lors de la phase de groupes de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2025™, l'ancien joueur des Girondins de Bordeaux a signé une prestation marquante contre la Juventus lors du huitième de finale remporté 1-0 par son équipe.
Cette rencontre a démontré combien la palette du Français était large. Alors que son entraîneur l'a placé au cœur d'une défense à trois en début de match, le milieu de terrain a fini la rencontre dans un rôle moins axial, à droite, qui ne l'a pas décontenancé outre mesure. Son intelligence tactique, sa science du placement et son engagement de tous les instants ont ainsi permis à son nouvel entraîneur de mesurer qu'il était possible de tout faire ou presque sur le plan tactique avec un joueur aussi flexible.
Comme contre le FC Salzburg, Xabi Alonso a opté face aux Turinois pour un système en 3-4-3 déjà aperçu du côté du Bayer Leverkusen. Tout en libérant ses pivots Trent Alexander-Arnold et Fran García de certaines de leurs tâches défensives, l'entraîneur espagnol a donné les clés du jeu à Tchouaméni derrière ses milieux très offensifs Federico Valverde et Arda Güler. Garant de l'équilibre de son équipe, le Français n'a pas tremblé et même semblé se complaire dans un rôle de premier relanceur. Habile pour couvrir les espaces, maître de sa ligne arrière, l'ex-Monégasque ne s'est pour ainsi dire jamais trompé sur les moments où il était utile de se projeter et ceux où, au contraire, il était préférable de resserrer les rangs.
En seconde période, Xabi Alonso l’a donc fait glisser sur le côté droit de la défense à trois, laissant sa place à Antonio Rüdiger, et là encore, l'international tricolore a brillé dans sa capacité à presser dans le bon timing, à gratter des ballons et à se connecter aisément avec ses milieux de terrain. Une double aptitude qui démontre sa polyvalence, son adaptabilité à chaque système et évidemment cette discipline tactique qui fait aussi le bonheur de Didier Deschamps en équipe de France.
Sa large palette de jeu n'est évidemment pas une découverte, ni pour ses partenaires, ni pour les supporters madrilènes. Aurélien Tchouaméni en effet déjà joué comme défenseur central au cours de la saison, que ce soit aux côtés de Rüdiger ou de Raúl Asencio. Xabi Alonso, lui, n'a pas tardé à constater ce que le Français avait à lui apporter. "Tchouaméni est un pilier fondamental… il prend constamment de petites décisions qui vont dans le sens du collectif", a expliqué le chef d'orchestre madrilène en conférence d'après-match.
Avant que le joueur n'affronte le Borussia Dortmund ce samedi 5 juillet en quart de finale, on peut être certain qu'il aura vu et revu tout ce qu'il a fait de bien – et de moins bien – contre la Juventus. Comme il l'a déjà raconté en interview, le joueur de 25 ans étudie ses matches pendant des heures. Il analyse ses prestations à la vidéo pour détecter ses erreurs et analyser les réactions et les mouvements de ses adversaires.
Tchouaméni ne laisse pas de place non plus au hasard dans sa préparation physique qu'il affine jusque dans les moindres détails. Pour renforcer sa préparation mentale, il s'est par ailleurs entouré de Chad Bohling, coach mental très réputé qui a déjà collaboré avec les New York Yankees (MLB) ou les Dallas Cowboys (NFL), des formations connues pour leur exigence et pour l'excellence dont elles font preuve dans leur discipline respective.
De tous ses partenaires, le joueur du Real est peut-être celui qui se sent le plus inspiré par l'environnement américain où se déroule la compétition. C'est en effet aux États-Unis et plus spécifiquement en NBA que l'on retrouve les principaux athlètes qui lui servent de modèle. Comme il l'a également déjà déclaré, le footballeur français observe avec attention des basketteurs comme LeBron James ou Kawhi Leonard dont il apprécie à la fois l'éthique de travail et la mentalité. D'une certaine manière, c'est en répliquant leur approche de leur carrière que Tchouaméni essaye de faire avancer la sienne.
Après la victoire obtenue contre la Juventus, Xabi Alonso n'a pas manqué de souligner un peu plus le rôle de son joueur au sein de son effectif. "Je pense que nous avons besoin d’une équipe équilibrée, et Tchouaméni apporte beaucoup à cet égard, mais il n’est pas le seul à pouvoir être polyfonctionnel", a-t-il précisé.
"Bien sûr, ce ne sera pas le même contexte pendant toute la saison. C’est une Coupe du Monde. Tu sais qu'à chaque match, soit tu rentres chez toi, soit tu continues. Le contexte est un peu différent. Mais, ce qui est certain, c'est que tout au long de la saison, nous aurons besoin d’une équipe équilibrée. Tout ne reposera pas sur un seul joueur capable de remplir différentes fonctions. Nous jouerons chaque match, chaque minute et nous devrons trouver des solutions pour chaque instant."
En constant progrès depuis son arrivée en Espagne en 2022, Aurélien Tchouaméni est peut-être le trait d'union idéal entre le Real d'Ancelotti et celui qu'est en train de construire Xabi Alonso. Pour imposer sa patte sans aller jusqu'à créer une révolution, s'appuyer sur le milieu français est un réel atout pour l'Espagnol. Dès lors, avec sa présence et son niveau du moment, les supporters madrilènes pourront se montrer réellement optimistes contre Dortmund en vue d'une qualification pour les demi-finales du tournoi.