Avec un bilan de 11-6, un titre de NFC North et le seed n°2 de la NFC, les Chicago Bears ont réussi l’un des retournements de situation les plus spectaculaires de la saison. Absente des playoffs depuis 2020, la franchise de l’Illinois s’est propulsée directement parmi les places fortes de la conférence, portée par une nouvelle direction technique et l’explosion de son quarterback.
Mais derrière cette progression fulgurante, une question demeure : Chicago est-il vraiment prêt pour janvier ?
Les Bears terminent la saison régulière avec :
25,9 points par match (441 points)
379,2 yards par match (top 10 NFL)
47 touchdowns offensifs
+26 de différentiel de points
Chicago affiche un profil offensif équilibré, capable de produire aussi bien au sol que dans les airs, mais sans dominer statistiquement la ligue. Le rendement est réel, la constance encore perfectible.
Dès sa première saison complète comme titulaire, Caleb Williams a validé son statut :
3 942 yards à la passe
27 touchdowns
7 interceptions
231,9 yards par match
Rating : 90,1
Williams a parfois payé son agressivité (58,1 % de passes complétées), mais son impact va bien au-delà des chiffres. Sa capacité à créer hors structure, à prolonger les actions et à assumer la pression dans les moments clés a changé la dimension de l’attaque.
Point clé : seulement 7 interceptions sur 568 passes tentées, preuve d’une maturité rare pour un quarterback aussi sollicité.
Le jeu au sol est l’un des fondements de cette équipe :
2 456 yards à la course
4,9 yards par tentative
19 touchdowns
D’Andre Swift s’est imposé comme un leader fiable :
1 087 yards
9 TDs
4,9 yards par course
Autour de lui, Kyle Monangai (783 yards) et la mobilité de Caleb Williams assurent une menace constante, essentielle pour maintenir l’équilibre offensif en playoffs.
Chicago n’a pas une superstar unique, mais une répartition intelligente des cibles :
Colston Loveland (TE) : 713 yards, 6 TDs
DJ Moore : 682 yards, 6 TDs
Rome Odunze : 661 yards, 6 TDs
Luther Burden III : 652 yards
Ce collectif permet à l’attaque de s’adapter aux matchups défensifs, même si l’absence d’un receveur ultra-dominant peut peser face aux défenses élite.
Statistiquement, la défense des Bears se situe dans la moyenne haute :
24,4 points encaissés par match
23 interceptions (top NFL)
35 sacks
+22 au différentiel de turnovers
Les leaders défensifs :
Tremaine Edmunds : 112 plaquages
Kevin Byard III : 7 interceptions
Montez Sweat : 10 sacks
La défense excelle dans la création de ballons volés, mais elle concède :
227 yards à la passe par match
32 TDs aériens encaissés
Un point potentiellement problématique face aux attaques explosives de janvier.
Malgré le seed n°2, Chicago reste une équipe jeune :
Aucune expérience récente en playoffs
Un quarterback rookie en postseason
Des trous défensifs contre la passe
Une efficacité en baisse face aux équipes très physiques
Le statut de favori peut rapidement devenir un poids si le match se tend.
Pourquoi croire aux Bears ?
Caleb Williams est déjà capable de gagner seul un match
L’attaque est équilibrée et imprévisible
La défense force des turnovers en série
Avantage du terrain jusqu’en finale NFC
Pourquoi douter ?
Manque d’expérience collective
Défense parfois exposée sur les tracés intermédiaires
Pression énorme sur une franchise en renaissance
Si Chicago :
impose son jeu au sol,
limite les pertes de balle,
et évite un duel shootout prématuré, alors les Bears peuvent viser la finale de conférence.
Mais face à des équipes plus aguerries comme San Francisco ou Philadelphie, la marge d’erreur est quasi nulle.
Les Bears sont de retour. Reste à savoir si ce retour marque le début d’un règne… ou simplement la première étape d’un projet encore en construction.