Champions en titre, les Philadelphia Eagles abordent ces playoffs avec un statut ambigu. Qualifiés, champions de division, solides défensivement… mais très loin de la machine implacable qui avait roulé sur la NFC l’an dernier. La saison 2025-2026 a marqué une vraie rupture dans l’identité de jeu de Philadelphie, avec une domination physique en net recul et une attaque contrainte de se réinventer.
La différence est flagrante lorsqu’on met côte à côte les leaders et les dynamiques collectives.
2024 (saison du Super Bowl)
Jalen Hurts : 2 903 yards, 18 TD, rating 103,7
Saquon Barkley : 2 005 yards au sol, 5,8 yards/course
A.J. Brown : 1 079 yards
Jeu au sol collectif : 3 048 yards, 179,3 yards/match
Une attaque construite pour imposer le tempo, user les défenses et fermer les matchs
2025 (saison actuelle)
Jalen Hurts : 3 224 yards, 25 TD, rating 98,5
Saquon Barkley : 1 140 yards au sol
A.J. Brown : 1 003 yards
Jeu au sol collectif : 1 988 yards, 116,9 yards/match
Attaque plus dépendante de la passe, moins constante, moins étouffante
La chute est particulièrement marquante au sol : –1 060 yards collectifs par rapport à la saison du titre. Là où les Eagles écrasaient les lignes défensives en 2024, ils ont souvent subi le rapport de force cette année.
Ce changement de profil n’a pas été neutre. L’attaque de Philadelphie s’est souvent montrée incohérente, multipliant les séries avortées malgré un talent évident.
22,3 points par match (contre une impression de domination totale l’an dernier)
19e attaque NFL au scoring
Une incapacité récurrente à enchaîner les drives
Le déplacement du centre de gravité vers le jeu aérien a aussi fait émerger des tensions, notamment autour d’A.J. Brown, frustré par l’irrégularité offensive. Le problème n’est pas le talent — il est toujours là — mais l’exploitation de ce talent sur 60 minutes.
Malgré une saison plus heurtée, Hurts reste un facteur de confiance absolu en janvier.
Bilan en playoffs : 6–3
10 touchdowns, 3 interceptions
Rating en playoffs supérieur à celui de la saison régulière
Depuis 2022, Hurts est clairement un quarterback de grands rendez-vous. Lors des deux parcours jusqu’au Super Bowl, son impact au sol avait été décisif (près de 50 yards par match, 5 TD à chaque run). Retrouver cette dimension sera crucial pour redonner de l’équilibre à l’attaque.
Si l’attaque a reculé, la défense a retrouvé des standards très élevés sur la fin de saison. En retirant la Week 18 (jouée par les remplaçants), les Eagles n’ont concédé que 14,5 points par match entre la Week 10 et la Week 17.
Pression constante sur le quarterback
Solidité au poste de linebacker avec Zack Baun
Secondary jeune mais agressive
Montée en puissance de Jalen Carter dans le money time
Cette défense est clairement taillée pour des matchs serrés en playoffs.
Philadelphie arrive en janvier avec plusieurs points de fragilité :
Une attaque trop dépendante de la passe
Une ligne offensive moins dominante
Un Jake Elliott en difficulté sur l’ensemble de la saison (74,1 % de réussite)
Une marge d’erreur très faible côté défensif
Contrairement à 2024, les Eagles ne peuvent plus compter sur leur jeu au sol pour masquer les défauts offensifs.
Les Eagles ne sont plus l’ogre de la saison passée. Mais en NFC, ils restent :
champions en titre,
portés par un quarterback éprouvé en janvier,
soutenus par une défense élite.
Leur parcours sera plus compliqué, plus exposé, plus exigeant. Mais si Philadelphie parvient à réactiver une version plus équilibrée de son attaque, les Eagles restent une menace crédible pour sortir de la NFC, même sans la domination écrasante de l’an dernier.
Ce ne sera plus un rouleau compresseur. Ce sera un véritable combat.