Le football américain français s’apprête à changer de dimension. La Fédération Française de Football Américain (FFFA) a acté la création de la Ligue Élite, qui remplacera la D1 à partir de la saison 2026-2027. Plus qu’un simple changement de nom, il s’agit d’une réforme structurelle majeure, pensée pour professionnaliser le haut niveau et donner un nouveau cadre économique au championnat.
Le président fédéral Frédéric Paquet évoque une "étape historique", soulignant que le projet dépasse l’aspect sportif pour devenir un point de convergence entre performance et développement économique.
Le premier signal fort de cette réforme est le passage de 12 à 8 clubs. Ce resserrement n’est pas seulement sportif : il traduit une volonté de concentrer les ressources sur des structures jugées capables de répondre à des standards plus élevés.
L’idée est double :
élever la qualité globale du championnat,
proposer un produit plus cohérent et attractif pour partenaires, médias et nouveaux publics.
On se rapproche ici d’un modèle où la solidité organisationnelle compte autant que les résultats sur le terrain.
La Ligue Élite reposera sur un cahier des charges durci. La FFFA veut pousser les clubs vers une organisation plus structurée, moins dépendante du seul modèle associatif traditionnel.
Parmi les axes forts :
budget minimal revu à la hausse,
contraintes structurelles renforcées,
obligation d’avoir une équipe B engagée en D3,
développement des ressources humaines dédiées au commercial,
amélioration et harmonisation de la diffusion médiatique.
Pour Frédéric Paquet, le football américain français possède un « potentiel de développement important », mais cela suppose de créer un cadre plus professionnel pour en exploiter les leviers.
Les huit équipes retenues seront réparties en Conférence Nord et Conférence Sud. Chaque club jouera des matchs aller-retour au sein de sa conférence, ainsi qu’un match simple face aux équipes de l’autre conférence. Un format qui clarifie la saison régulière et renforce les rivalités régionales.
Conférence Nord
Black Panthers de Thonon-les-Bains
Flash de La Courneuve
Léopards de Rouen
Molosses d’Asnières-sur-Seine
Conférence Sud
Argonautes d’Aix-en-Provence
Blue Stars de Marseille
Grizzlys Catalans de Perpignan
Ours de Toulouse
Ces clubs étaient déjà moteurs dans la structuration de la D1. Plusieurs dirigeants parlent d’une évolution logique, voire nécessaire.
Du côté des Black Panthers, on évoque une vision portée "de longue date" pour sécuriser l’excellence sportive et bâtir un modèle durable. À La Courneuve, le Flash reconnaît que le projet peut "interroger", mais qu’il doit faire grandir les clubs. À Perpignan, les Grizzlys parlent "d’étape majeure" pour le développement du sport en France.
À Marseille, les Blue Stars y voient la récompense de "trente ans de travail" et l’opportunité d’offrir davantage de visibilité à leurs partenaires. Les Molosses d’Asnières saluent un modèle "plus durable et plus attractif", tandis que les Léopards de Rouen insistent sur un changement qui demande "adaptation" mais correspond à une véritable ambition. Du côté des Argonautes d’Aix-en-Provence, la participation au projet est présentée comme une fierté à l’approche des 40 ans du club.
Avec la Ligue Élite, la FFFA cherche à poser les bases d’un championnat plus stable, plus crédible économiquement et mieux armé pour exister dans un environnement européen de plus en plus structuré.
Le message est clair : le haut niveau français doit passer d’un modèle éclaté à une logique de structures fortes, identifiables et commercialement viables. La réussite du projet dépendra désormais de la capacité des clubs à suivre cette montée en exigences.
Une chose est sûre : 2027 marquera une rupture. Pour la première fois, l’élite du football américain français sera organisée autour d’un cadre pensé autant pour le développement du produit que pour la performance sportive.